Catégorie : Ecriture

  • Les erreurs classiques d’un scénario

    Les erreurs classiques d’un scénario

    J’écris moi-même un scénario en ce moment et je peux te l’assurer : connaître la théorie ne nous empêche absolument pas de retomber dans les sept erreurs classiques que je vais te présenter ici.

    Un objectif mal défini, des scènes qui s’enchaînent sans véritable causalité, des dialogues trop explicites… Ces problèmes ne concernent pas seulement les débutants. Ils peuvent apparaître à n’importe quelle étape de l’écriture, y compris dans un projet déjà avancé.

    Voici sept erreurs classiques qui fragilisent un scénario, avec des questions simples pour les repérer et des pistes concrètes pour les corriger.

    1. Une intrigue sans émotion

    Un scénario peut contenir de nombreux événements et rester pourtant sous-développé sur le plan émotionnel. Or, sans émotion, il n’y a pas de véritable transformation de ton personnage principal. Sans transformation, l’arc dramatique s’affaiblit et le film perd une grande partie de sa force évocatrice.

    L’émotion naît de ce que l’on appelle le conflit. C’est à dire de la tension entre différents mouvements : perte, attente apaisement, contrainte, satisfaction… Le conflit ne se réduit donc pas à une dispute ni même à une bagarre. Il devient réellement dramatique lorsqu’il atteint le personnage dans son besoin profond, sa peur ou sa contradiction intime.

    Dans Les Dents de la mer, Brody veut protéger les habitants de l’île. Pourtant, le film ne repose pas uniquement sur les attaques du requin. Brody a peur de l’eau. Pour atteindre son objectif, il doit aller en pleine mer, précisément là où il ne veut pas aller. Le problème extérieur vient donc frapper une peur intérieure.

    C’est ce lien qui produit l’émotion : le personnage ne doit pas seulement résoudre un problème, il doit affronter quelque chose qui le concerne intimement.

    Pour examiner ton scénario, pose-toi ces questions :

    • Les événements de la scène ont-ils de véritables conséquences émotionnelles sur les personnages ?
    • Dans quel état émotionnel mon protagoniste entre-t-il dans la scène ?
    • Dans quel état en sort-il ?
    • Si son état reste identique, qu’est-ce qui a changé ?

    Cela ne signifie pas qu’il faut une crise de larmes dans chaque scène. Une émotion peut être silencieuse. Mais quelque chose doit bouger.

    2. Un objectif non structurant

    L’objectif principal du protagoniste doit être relié aux grands points d’intrigue du film. Dans le cas contraire, le récit risque de flotter et de ne plus savoir exactement quelle histoire il raconte.

    Dans Le Monde de Nemo, l’objectif de Marin est limpide : retrouver son fils. Cet objectif organise tout le film. Sa rencontre avec Dory, les requins, les méduses ou la baleine découle de sa tentative pour rejoindre Nemo.

    Sans cet objectif, nous n’aurions sans doute qu’une succession de scènes amusantes dans l’océan, mais pas une véritable histoire.

    Demande-toi donc :

    • L’objectif de mon protagoniste construit-il réellement le récit ?
    • Les principaux événements surviennent-ils parce qu’il essaie d’atteindre cet objectif ?
    • Ses décisions modifient-elles la trajectoire de l’histoire ?

    Un objectif dramatique ne doit pas seulement être formulé. Il doit produire des actions, des obstacles, des choix et des conséquences.

    3. Des enjeux faibles ou mal définis

    Que se passera-t-il si ton personnage n’atteint pas son objectif ?

    Si la réponse est : « Il poursuivra simplement sa vie », le récit manque probablement d’enjeu. L’objectif désigne ce que le personnage veut obtenir. L’enjeu désigne ce qu’il risque de perdre s’il échoue.

    Dans Retour vers le futur, Marty doit faire en sorte que ses parents tombent amoureux. S’il échoue, il ne rentrera pas seulement chez lui avec un problème non résolu : il cessera d’exister. L’objectif et l’enjeu sont donc directement liés.

    L’enjeu n’a cependant pas besoin d’être mortel. Dans Whiplash, Andrew risque de perdre ce qui donne un sens à sa vie : son rêve de devenir un grand batteur. Il risque également de se détruire en poursuivant cet idéal.

    Un enjeu peut être :

    • physique : perdre la vie ou mettre quelqu’un en danger ;
    • affectif : perdre un amour, un enfant ou une amitié ;
    • social : perdre sa place, son statut ou sa réputation ;
    • moral : trahir ses valeurs ou devenir ce que l’on condamne ;
    • intime : perdre l’estime de soi ou l’image que l’on avait de soi-même.

    Deux questions permettent souvent de clarifier les enjeux : pourquoi cet objectif est-il si important pour ce personnage ? Et que perdra-t-il concrètement s’il échoue ?

    4. Des dialogues sans sous-texte

    Le sous-texte naît de l’écart entre ce qu’un personnage dit, ce qu’il pense et ce qu’il cherche réellement à obtenir. C’est dans cet écart que se loge une grande partie de la tension dramatique.

    Dans la scène d’ouverture d’Inglourious Basterds, Hans Landa s’adresse poliment au fermier. Il demande du lait, sourit et respecte apparemment les règles d’une conversation courtoise. Pourtant, sous cette politesse se déploie une menace terrible. Les deux hommes savent que des Juifs sont cachés sous le plancher. Ils n’ont pas besoin de le dire immédiatement pour que nous comprenions ce qui est en jeu.

    Lorsque tu relis tes dialogues, demande-toi :

    • Mes personnages parlent-ils tous de la même manière ?
    • Emploient-ils le même vocabulaire, le même rythme et les mêmes expressions ?
    • Disent-ils directement ce qu’ils ressentent ?
    • Que cherche chaque personnage à obtenir dans cet échange ?
    • Que tente-t-il de cacher ou d’éviter ?

    Un personnage peut dire : « Je suis content pour toi », alors que toute la situation révèle sa jalousie. La force du dialogue ne tient donc pas seulement à la phrase prononcée, mais à ce qu’elle dissimule, contourne ou tente de provoquer.

    5. Un scénario sans voix

    Un scénario n’est ni une notice de montage ni un compte rendu sans âme. Lorsqu’un texte emporte le lecteur, ce n’est pas uniquement parce que sa structure est solide : c’est aussi parce qu’une voix s’y fait entendre.

    La voix d’un auteur est difficile à définir. Elle naît de la rencontre entre sa personnalité, sa sensibilité, sa vision du monde et le genre du film. En lisant le scénario, on doit sentir que ce texte ne pouvait pas être écrit exactement de la même manière par quelqu’un d’autre.

    Il ne faut pas confondre la voix et le style. Le style est le moyen d’expression : le rythme des phrases, le choix des mots, la précision des descriptions. La voix est ce que ces choix nous permettent de percevoir de l’auteur.

    Si ton scénario te paraît impersonnel, pose-toi cette question : ce texte pourrait-il avoir été écrit par quelqu’un d’autre ? Si oui, par qui ?

    La réponse peut révéler que ton écriture parle encore avec la voix des films que tu as vus, des règles que tu as apprises ou de ce que tu crois que le milieu attend de toi. Il faut alors faire tomber ce masque et retrouver ce qui t’appartient réellement.

    Chuck Palahniuk, l’auteur de Fight Club, possède par exemple une voix immédiatement reconnaissable : drôle, brutale, rythmée et profondément liée à sa manière d’observer la société. La lecture de ses romans permet de mesurer ce qui distingue une voix d’auteur d’un simple effet de style.

    6. Une promesse qui n’est pas tenue

    Chaque élément précis introduit dans une histoire peut créer une attente chez le spectateur. C’est le principe souvent résumé par le « fusil de Tchekhov » : si le récit attire clairement notre attention sur un fusil, celui-ci doit avoir une fonction avant la fin de l’histoire.

    Autrement dit, une question posée appelle une réponse. Un élément fortement mis en valeur appelle une conséquence.

    Cela concerne aussi les descriptions. Si tu détailles longuement la texture et la couleur des rideaux alors que ces informations n’ont aucune utilité dramatique, tu ralentis la lecture et risques de créer une fausse attente.

    Le scénario de La Favorite, écrit par Deborah Davis et Tony McNamara, contient relativement peu de descriptions décoratives alors que le film se déroule dans l’Angleterre du XVIIIe siècle et présente des décors particulièrement riches. Les auteurs sélectionnent avant tout les détails qui servent l’action, les personnages ou le ton.

    Il ne s’agit donc pas de supprimer toute atmosphère, mais de choisir les détails avec précision.

    Si tu insistes sur une clé, une photographie, une cicatrice ou un objet apparemment anodin, tu fais une promesse au spectateur. Cet élément devra être utilisé, transformé ou expliqué. Dans le cas contraire, demande-toi s’il a réellement sa place dans le scénario.

    7. Des scènes qui ne provoquent rien

    Tu peux écrire de bonnes scènes, intéressantes et même réussies lorsqu’on les considère séparément. Mais si leur enchaînement ne fait pas avancer l’histoire, le scénario devient épisodique : il propose une succession de situations au lieu de construire une chaîne dramatique.

    Ce problème vient souvent d’un manque de causalité. Une scène se produit, puis une autre lui succède, mais la première n’a pas réellement provoqué la seconde.

    Dans Parasite, l’arrivée du fils dans la maison de la famille Park permet ensuite à sa sœur de s’y faire engager. La présence de celle-ci entraîne le licenciement du chauffeur, puis celui de la gouvernante. Chaque action crée les conditions de la suivante. Les événements se produisent en cascade.

    Pour tester la causalité de ton scénario, pose-toi cette question :

    Si je retire cette scène, les scènes suivantes peuvent-elles encore se produire exactement de la même manière ?

    Si la réponse est oui, la scène est peut-être détachable du récit. Elle peut naturellement avoir une fonction de transition, mais si ce constat se répète souvent, ton histoire manque probablement de liens de cause à effet.

    Une scène forte ne se contente pas d’exister : elle modifie la situation et oblige l’histoire à prendre une nouvelle direction.

    Une méthode simple pour relire

    Lors de ta prochaine passe de réécriture, examine chaque scène à partir de ces sept questions :

    1. Quel changement émotionnel produit-elle ?
    2. Comment se rattache-t-elle à l’objectif principal du protagoniste ?
    3. Que risque le personnage s’il échoue ?
    4. Que cachent ou cherchent réellement les personnages lorsqu’ils parlent ?
    5. Qu’est-ce qui, dans l’écriture, porte ma sensibilité personnelle ?
    6. Quelle attente cette scène crée-t-elle et quand sera-t-elle satisfaite ?
    7. Quelle scène suivante devient possible — ou nécessaire — grâce à elle ?

    Tu n’as pas besoin de résoudre les sept problèmes en une seule passe. Tu peux consacrer une relecture à l’émotion, une autre aux objectifs et aux enjeux, puis une dernière à la causalité et aux promesses narratives. Cette méthode permet de repérer plus facilement ce qui fragilise ton récit.

    Conclusion

    Ces erreurs ne sont pas réservées aux scénaristes débutants. Tu les rencontreras probablement tout au long de ta pratique, parce que chaque histoire pose des difficultés différentes.

    L’essentiel n’est pas de les éviter dès le premier jet. L’essentiel est d’apprendre à les repérer au moment de la réécriture, puis de comprendre ce que chaque scène doit changer, provoquer ou révéler.

    Continue d’écrire, mais surtout continue de réécrire avec précision.

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  • Ecris un scénario avec la Méthode des 8 Séquences

    Ecris un scénario avec la Méthode des 8 Séquences

    Quand on parle de structure de scénario, on pense souvent aux trois actes : un début, un milieu et une fin. C’est simple. Enfin, sur le papier…

    Dans la pratique, quand tu te retrouves devant les 90 à 120 pages de ton long métrage, cela devient beaucoup plus délicat.

    C’est là que la Méthode des 8 Séquences devient intéressante.

    Elle consiste à envisager ton long métrage non plus seulement comme trois actes, mais comme une succession d’environ 8 séquences de 10 à 15 minutes, chacune possédant sa propre dynamique dramatique.

    Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette façon de penser un film n’est pas une théorie récente inventée par un gourou du scénario.

    Elle vient en partie de l’histoire même du cinéma.

    Une méthode née d’une contrainte technique

    Pour comprendre l’origine de cette méthode, il faut revenir à l’époque où les films étaient projetés sur pellicule.

    Un long métrage était alors composé de plusieurs bobines. Chacune ne pouvait contenir qu’une quantité limitée de pellicule qui représentait approximativement une dizaine de minutes de film.

    Les films étaient donc, matériellement, fragmentés en plusieurs parties.

    Avec le temps, cette contrainte technique a participé à installer une manière de penser le récit en unités plus petites. Chaque partie devait maintenir l’attention du spectateur et faire avancer l’histoire.

    La technologie a évidemment changé. Les bobines ont disparu de nos salles de cinéma. Mais cette logique de construction est restée.

    Dans énormément de films, tu peux encore repérer des blocs narratifs d’une dizaine ou d’une quinzaine de minutes qui possèdent leur propre objectif, leur tension et leur résolution.

    C’est cette logique que formalise aujourd’hui ce que l’on appelle la méthode des 8 séquences.

    Pourquoi 8 séquences ?

    Prends un long métrage d’environ deux heures.

    Si tu le divises en 8 parties, tu obtiens des séquences d’environ quinze minutes. Sur un film plus court, elles seront naturellement plus brèves.

    Mais leur durée exacte n’est pas le plus important. Ce qui compte, c’est leur fonction dramatique.

    Chaque séquence va généralement poser un problème relativement précis à ton protagoniste. Celui-ci va tenter de le résoudre. La tension augmente. Puis quelque chose se produit à la fin de la séquence.

    Une réussite. Un échec. Une révélation. Un retournement. Une nouvelle complication.

    Et surtout, ce qui arrive à la fin d’une séquence entraîne la suivante. Autrement dit, il ne s’agit absolument pas de découper arbitrairement ton scénario toutes les quinze pages.

    Il s’agit de chercher 8 mouvements dramatiques.

    Une séquence n’est pas simplement un groupe de scènes que tu additionnes ensemble. Elle pose un problème, développe une tension et aboutit à quelque chose. Elle comporte comme l’ensemble du film un début, un milieu, et une fin.

    En tout état de cause, une séquence doit produire quelque chose. Il est impératif que sa résolution ait des conséquences. C’est probablement ce que je trouve le plus intéressant dans cette méthode des 8 séquences.

    Si ton protagoniste réussit, cette réussite peut créer un problème encore plus important. S’il échoue, cet échec l’oblige à changer de stratégie. S’il découvre quelque chose, cette information modifie ce qu’il va faire ensuite.

    La fin d’une séquence devient ainsi le moteur de la suivante. C’est ce mécanisme qui évite que ton scénario donne l’impression d’être une simple succession de scènes épisodiques.

    Séquences 1 et 2

    👉🏻 Installer puis faire basculer l’histoire.

    La 1ère séquence présente ton protagoniste et son univers, avant qu’un premier problème ne vienne perturber son quotidien.

    Dans la 2ème, il tente d’y répondre avec les moyens dont il dispose. Jusqu’à ce qu’un événement plus important fasse basculer l’histoire dans une nouvelle direction.

    C’est la fin du 1er acte.

    Séquences 3 et 4

    👉🏻 Le temps des premières tentatives et du midpoint

    Ton protagoniste s’attaque véritablement à son problème, souvent de la manière la plus évidente, voire la plus naïve. Évidemment, cela ne fonctionne pas et entraîne de nouvelles difficultés.

    Au midpoint, quelque chose change : révélation, victoire, défaite, retournement… Ton personnage peut même croire qu’il a enfin trouvé LA solution.

    Bien sûr, il n’en est rien.

    Séquences 5 et 6

    👉🏻 Les complications arrivent.

    Les solutions précédentes ne fonctionnent plus et, la plupart du temps, quelque chose se détraque. Les enjeux augmentent, les intrigues secondaires peuvent venir compliquer l’intrigue principale.

    La 6ème séquence mène à un nouveau point culminant : ton personnage croit avoir gagné ou, au contraire, avoir tout perdu.

    C’est souvent une fausse résolution, qui nous conduit vers le dernier acte.

    Séquences 7 et 8

    👉🏻 Résoudre, puis montrer les conséquences.

    Ton protagoniste doit maintenant affronter les conséquences de ses décisions. Les anciennes solutions ne fonctionnent plus : il doit agir autrement.

    La 7ème séquence mène à la confrontation finale et à la résolution de la question dramatique principale.

    La 8ème montre ce que cette résolution a produit : qu’est devenu ton personnage ? Quel prix a-t-il payé ? Qu’est-ce qui a changé ?

    Elle peut être très courte. C’est l’image finale de ton histoire.

    Mon modèle Trello gratuit

    J’ai créé un modèle Trello gratuit basé sur la méthode des 8 séquences pour t’aider à structurer ton scénario plus rapidement.

    L’idée n’est pas de t’imposer une structure. Considère plutôt les 8 séquences comme 8 espaces dans lesquels tu peux organiser tes scènes et observer la progression de ton film.

    Il faut éviter de transformer cette méthode d’écriture de film en 8 cases obligatoires à remplir. C’est avant tout un procédé destiné à écrire plus rapidement un 1er brouillon.

    Le nombre de scènes indiqué dans le modèle est volontairement approximatif. Tu peux ajouter, supprimer et déplacer les cartes en fonction des besoins de ton histoire.

    Garde en tête que tous les films ne sont pas structurés selon cette méthode.

    Bonne écriture 🎬

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  • Un scénario sans prise d’en-tête

    Un scénario sans prise d’en-tête

    Tu peux écrire le meilleur scénario du monde, si ton lecteur ne comprend pas où se passe ton action en lisant tes en-têtes de scène…

    « Attends… je suis où, là ? »

    Il décroche.

    Un en-tête de scène paraît pourtant simple à écrire. INT. ou EXT., un lieu, puis JOUR ou NUIT. Et c’est terminé.

    Ça c’est en théorie. Car dès que les personnages passent d’un espace à un autre ou que l’action se déplace dans plusieurs pièces d’un même lieu, les choses peuvent devenir plus complexes.

    Les scénaristes débutants font souvent les mêmes erreurs. Des erreurs qui semblent minuscules, mais qui finissent par désorienter le lecteur et rendre le formatage du scénario incohérent.

    J’ai donc consacré une vidéo entière aux en-têtes de scène. Avec des exemples concrets. Et quelques pièges.

    C’est quoi, un en-tête de scène ?

    Un en-tête de scène, c’est la ligne qui introduit une scène. Il est essentiel, parce que c’est lui qui dit immédiatement à ton lecteur où et quand se déroule l’action.

    Il comporte généralement trois blocs :

    • l’indication INT., EXT. ou INT./EXT. ;
    • le lieu dans lequel se déroule l’action ;
    • le moment de la journée.

    Sur le papier, rien de très compliqué. Mais encore faut-il savoir comment choisir entre INT. et EXT.

    Faut-il écrire JOUR, même si la scène se déroule en fin d’après-midi ?

    Peut-on utiliser AUBE, CRÉPUSCULE ou SOIR ?

    Doit-on répéter un en-tête complet chaque fois qu’un personnage change de pièce ?

    Et qu’est-ce qu’un en-tête de scène secondaire ?

    C’est précisément ce que je t’explique dans cette vidéo.

    Un détail qui n’en est pas un

    Sur un scénario de plus de 90 pages, si tes en-têtes sont approximatifs, ton scénario sera perçu comme incohérent.

    Le lecteur ne devrait jamais avoir besoin de s’arrêter pour comprendre où il se trouve. L’en-tête est là pour l’orienter immédiatement. Il doit être clair et précis pour rester aussi simple que possible car il sert également à la production.

    Une scène tournée à l’intérieur ne demande pas les mêmes moyens qu’une scène tournée à l’extérieur. Une scène située à l’aube ou au crépuscule impose une lumière particulière et une fenêtre de tournage très courte. Une simple indication peut donc avoir des conséquences concrètes sur l’organisation et le coût du film.

    Ce que tu vas apprendre dans cette vidéo

    Dans cette vidéo, je t’explique :

    • comment choisir entre INT., EXT. et INT./EXT.
    • comment indiquer correctement le lieu et le moment de la journée
    • quand utiliser JOUR, NUIT, AUBE, CRÉPUSCULE …
    • comment employer les en-têtes de scène secondaires
    • comment rendre une longue scène d’action plus lisible sur la page
    • quelles erreurs de formatage risquent de désorienter ton lecteur
    • et pourquoi certains en-têtes dits spéciaux demandent une attention particulière

    Si tu veux aller plus loin dans l’écriture et le formatage d’un scénario, abonne-toi à Mon Scénario et Moi.

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    Tu veux écrire un film. T’as une idée. Mais tu ne sais pas comment commencer ?

    Je te donne 7 étapes incontournables qui vont t’aider à démarrer.

    Les pièges à éviter

    Quand on débute l’écriture de scénario, il y a, à mon avis, deux pièges à éviter.

    Piège 1 : tu te lances direct. Tu écris comme ça vient. Si t’as aucune expérience, il est probable que tu vas faire comme tout le monde. Oui, parce qu’on est tous passés par là. Tu vas écrire 20 pages, tu vas bloquer et probablement abandonner.

    Piège 2 : tu prends Save the Cat, ou une autre beat sheet ou un template tout fait. Et là, tu vas remplir les cases, tu vas utiliser ton hémisphère gauche, celui associé à la logique. Résultat : tu te coupes de ce dont t’as besoin pour écrire, à savoir ton imaginaire.

    Alors, comment font les scénaristes ? Il n’existe pas une seule et unique façon de commencer à écrire un film. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles il est difficile d’enseigner l’écriture de scénario. Chaque scénariste trouve, au fil du temps et des projets, son approche personnelle.

    Donc ce que je te présente ic, c’est mon approche. Celle qui a fonctionné pour moi. Pas une recette miracle.

    Tu peux commencer par n’importe lequel des éléments que je vais te donner.

    ÉTAPE 1 — TON LIEN PERSONNEL

    Je commence toujours par faire un travail préparatoire.

    Pourquoi l’histoire que tu veux raconter compte-t-elle pour toi ? Et là, il faut aller en profondeur et éviter les réponses vagues du type :

    – Je veux dénoncer la guerre.
    – Je veux montrer la beauté de la nature.

    Ce sont des intentions louables, mais ce ne sont pas des moteurs dramatiques.

    Pose-toi donc ces deux questions :

    • Est-ce que c’est autobiographique ? Si oui, pourquoi ça pourrait toucher quelqu’un d’autre ?
    • Si ce n’est pas autobiographique, pourquoi serais-tu la meilleure personne pour raconter cette histoire ?

    Ne te réfugie pas derrière des positions convenues. Parce qu’en répondant à ça, tu vas commencer à affirmer ce que tous les producteurs recherchent : une voix.

    Cherche le point de friction. Là où ça fait mal. Là où ça te coûte quelque chose. Donc pas de généralités. Du spécifique.

    Je te donne un exemple :

    Tu veux écrire un film sur « la solitude ». Ça, c’est un sujet. Mais si tu te demandes pourquoi ça te touche, tu vas peut-être tomber sur :

    « Parce que le silence me renvoie des choses que je passe ma vie à éviter. »

    Là, tu as un point de friction. Et tu vas pouvoir te poser d’autres questions. Tiens, quelles sont ces choses que j’essaie d’éviter ? Bien sûr, tu crées une distance progressive entre toi et le personnage que tu crées.

    Tu aurais très bien pu me répondre :

    – Parce que quand je suis seule, je m’invente des amis imaginaires et qu’ils deviennent toujours méchants au final.

    Ah bon ? Raconte. Qui sont-ils ? Qu’est-ce qu’ils t’ont fait ?

    L’idée, c’est que ces réponses t’amènent à te poser d’autres questions… Et ces questions t’emmènent directement sur un terrain fictionnel qui, progressivement, va te permettre de développer un personnage.

    C’est là que ton idée peut devenir atypique. Parce que c’est TON point de vue. Et il est forcément unique.

    ÉTAPE 2 — SYNOPSIS

    La deuxième étape est d’écrire un résumé de ton intrigue en une à deux pages. À peu près 600 mots, si tu écris en Times New Roman taille 12, par exemple.

    Tu vas tout simplement raconter ce qui se passe dans ton film, et plus particulièrement les actions de ton film. C’est une sorte de synopsis, donc ça doit être écrit comme une petite histoire. Il doit y avoir un début, un milieu et une fin.

    Mais attention :

    Dans ton synopsis, tu dois rester dans l’action.

    Donc :

    • pas de forme passive,
    • pas de monologue intérieur,
    • pas d’explication de ce que ressent ton perso.

    Exemple :

    ❌ « Il se sent trahi. » → monologue intérieur.

    ✔️ « Il claque la porte, renverse la chaise et quitte la pièce sans un mot. »

    Là, on voit. On comprend. C’est du cinéma.

    Tu racontes uniquement ce qui se passe. Ce que ton personnage fait. C’est ça qui te permet de voir si ton idée est vraiment cinématographique. C’est crucial, car toutes les idées ne sont pas faites pour le cinéma « dit classique ».

    ÉTAPE 3 — TON PROTAGONISTE

    Qu’il soit humain, animal, objet ou IA, on a besoin, en tant que spectateur, que ton personnage soit vivant. Oui, même si c’est un zombie. Parce qu’avant d’être zombie, il avait une vie.

    Qui dit vivant dit contradictoire. Regarde les gens autour de toi et vois comment ils se comportent.

    Disent-ils toujours ce qu’ils pensent ? Probablement pas. Pensent-ils toujours ce qu’ils disent ? Encore moins.
    Font-ils toujours ce qu’ils disent ? Pas sûr.
    Disent-ils toujours ce qu’ils font ? Des fois.

    Ton personnage principal, lui aussi, a des zones d’ombre, des failles, des contradictions. Et il va falloir déterminer cela assez rapidement.

    Pour comprendre ton personnage, je te conseille de commencer par quatre questions simples. Pas de psychologie compliquée. Juste quatre points qui vont structurer tout son arc dramatique.

    1 — Qu’est-ce qu’il veut ?

    À court, moyen et long terme. Un truc concret. Pas un concept. Parce que ce que ton personnage veut, c’est ce qui va te permettre de mettre des obstacles sur sa route et de créer de la tension dramatique.

    2 — Quelle est sa blessure ?

    La blessure, c’est ce qui l’a façonné. Elle vient souvent de l’enfance, mais pas toujours. On ne montre pas la blessure. On montre plutôt la conséquence de cette blessure dans son comportement actuel. C’est ça qui le rend humain.

    3 — De quoi a-t-il le plus peur ?

    Sa peur profonde. Celle qu’il évite, qui le paralyse, qui le fait réagir de travers. Cette peur va souvent être l’obstacle intérieur le plus puissant. Souvent, ce que veut ton personnage se trouve exactement là où il a peur d’aller.

    Exemple :

    Ton personnage veut déclarer son amour à quelqu’un. Ça, c’est son désir. Mais il a une peur profonde : la peur d’être rejeté.

    Résultat : pour obtenir ce qu’il veut, il doit affronter exactement ce qu’il redoute.

    Et comme souvent dans les histoires, il va devoir passer par un moment où il est rejeté, quitté, humilié… Bref, confronté à sa peur. C’est ça qui crée la tension dramatique.

    4 — Qu’est-ce qu’il doit apprendre ?

    C’est ça, son arc dramatique. Ce qu’il doit comprendre, dépasser, accepter ou abandonner pour évoluer. C’est la transformation que raconte le film. Ton personnage peut parfaitement refuser cette « évolution ».

    Quand tu as ces quatre réponses, tu tiens déjà des éléments solides pour créer la colonne vertébrale de ton personnage.

    Le reste — ses contradictions, ses relations, le monde dans lequel il évolue — va se construire de façon dynamique autour de ça.

    ÉTAPE 4 — TA LOGLINE

    De toutes les étapes que je te présente, celle qui m’est le plus indispensable, et par laquelle je commence en général, c’est l’écriture d’une phrase-résumé, aussi appelée logline.

    Pourquoi je commence par là ?

    Parce que je me suis rendu compte d’un truc simple : si je n’arrive pas à écrire une logline qui me donne envie de continuer, c’est qu’il y a un problème. Une logline doit être efficace. Et elle doit faire envie.

    Un scénario, ça ne s’écrit pas en une journée. Avec les réécritures, tu vas vivre longtemps avec ton idée. Donc il vaut mieux être sûr qu’elle a du potentiel. Et la logline va t’aider à tester ça.

    Alors, comment écrire une logline ? Si tu cherches un peu sur Internet, tu vas trouver mille et une méthodes. Je te donne la mienne.

    30 mots, pas un de plus.

    Elle contient 4 éléments :

    • Ton protagoniste avec une caractéristique principale (défaut, profession, quelque chose qui le distingue).
    • Son but principal. Il peut avoir plusieurs buts mais un seul but structurera l’ensemble de ton film.
    • L’incident déclencheur, autrement dit le point de bascule qui va bouleverser sa vie et le pousser à réagir.
    • L’antagoniste, c’est ce que ton personnage doit affronter.
    • Et l’enjeu : ce que ton personnage a à perdre s’il échoue. Donc, en général, plus l’enjeu est important pour ton personnage, plus ton histoire va être passionnante. Et ça ne veut pas forcément dire un enjeu de vie ou de mort.

    Alors, je te donne un exemple simple :

    Tu auras reconnu Le Silence des agneaux.

    En gros, cette logline va résumer le conflit central auquel aura affaire ton personnage. Et oui, je sais : tous les films ne fonctionnent pas sur un conflit classique. J’en parlerai prochainement. Mais ça reste un excellent point de départ parce qu’elle va t’empêcher de partir dans tous les sens.

    Important : ta logline va probablement changer au cours de l’écriture de ton scénario, et c’est important qu’elle soit toujours à jour.

    ÉTAPE 5 — LE THÈME

    Le thème, c’est ce dont ton film parle vraiment. Ce n’est ni l’intrigue ni l’histoire. C’est ce que dit ton film sur la condition humaine. Donc c’est une question philosophique que tu poses ici.

    Un thème n’est pas un mot, comme « la liberté » ou « l’amour ». Ça, c’est un sujet. Et un sujet ne dit pas grand chose.

    Un thème, ce n’est pas un sujet vague, c’est une question ouverte.

    Tu vois, il y a les mêmes mots, mais ce ne fait pas le même film, car la question posée n’amène pas les mêmes réponses.

    Ce que tu dois savoir sur le thème, c’est qu’il émerge souvent après l’écriture. Il va changer. C’est pour cela que beaucoup de scénaristes ne le formulent pas explicitement au départ.

    Mais le nommer assez tôt va t’aider à donner une cohérence de ton à ton film dans tes choix visuels, dans tes dialogues, dans ta résolution.

    Imaginons que ton thème, c’est la famille. Tu penses peut-être à des films aussi différents que Little Miss Sunshine ou Le Parrain…

    Mais si tu poses une question : « Est-ce qu’on doit tuer pour protéger sa famille ? » Tout à coup, on n’est plus dans Little Miss Sunshine. On est dans Le Parrain.

    Un thème bien formulé va délimiter ton territoire.

    ÉTAPE 6 — TA QUESTION DRAMATIQUE

    C’est la promesse du film. La tension centrale.

    C’est une question simple et concrète. Donc évite les choses du type :

    • Va-t-elle trouver le bonheur ?

    C’est trop vague. Trop psychologique. Ça ne va pas t’aider.

    • La réponse à ta question dramatique doit impérativement être OUI ou NON.
    • Exemples :
      • Va-t-elle sauver sa fille ?
      • Va-t-il découvrir la vérité ?
      • Va-t-il s’échapper vivant ?

    Cette question dramatique, tu la poses au début. En général, à la fin de l’acte 1. C’est cette question qui crée la tension jusqu’au climax, où, en général, on y répond.

    ÉTAPE 7 — LA FIN

    Tu n’as pas besoin de connaître chaque scène. Mais tu dois connaître la fin. Quand on parle de la fin, on ne parle pas de la dernière scène. On parle de résolution. C’est-à-dire la manière dont ton personnage va résoudre sa problématique.

    Ne cherche pas le twist qui tue. N’aie pas peur de figer les choses. Ta fin évoluera sans doute durant l’écriture de ton scénario. Et c’est parfaitement OK. Mais si tu ne détermines pas une fin dès le départ, tu risques de tourner en rond.

    EN CONCLUSION

    Je te disais en introduction que ces 7 étapes allaient t’aider à terminer ton scénario.

    Pourquoi ? Parce que tu vas y revenir encore et encore. À chaque passage, tu vas affiner ton idée, ton personnage, ton histoire.

    Ton synopsis va se développer. Devenir plus long. Ce que l’on appelle un traitement.

    Le plus important : ne t’arrête pas tant que ton premier brouillon n’est pas terminé.

    Même si tu trouves ça mauvais. Surtout si tu trouves ça mauvais. Ça veut juste dire que ton goût est en avance sur ta technique. Et la technique, ça s’améliore.

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  • Un scénario sans histoire

    Un scénario sans histoire

    90 % des scénarios échouent à raconter une histoire et c’est pour une raison simple, que probablement personne ne te dit : Ton récit n’a pas de colonne vertébrale.

    Mon expérience de scénariste débutante

    Ça t’est déjà arrivé de faire lire un scénario et d’avoir une réaction du type.
    – Ouais, c’est bien écrit mais il n’y a pas d’histoire. 
    – Comment ça il n’y a pas d’histoire ? Je viens de finir l’écriture d’un scénario de 100 pages et il n’y aurait pas d’histoire ? 

    Tu l’as compris… c’est du vécu ! 

    Et je peux te dire que quand j’ai compris la différence entre une histoire et une situation, tout a changé dans mon écriture scénaristique.

    Alors quelle est cette différence fondamentale ? 

    HISTOIRE vs SITUATION

    Une situation, c’est une suite d’événements. Ton personnage perd son boulot, divorce, tombe malade, se fait enlever par des aliens, est ramené par des terroristes, au passage désamorce une bombe, tout en échappant de justesse à une ba  nde de militant queer vegan woke à rollers, …enfin tu vois le genre quoi… 

    Mais rien de tout ça ne lui arrive à lui parce que c’est lui. C’est extérieur. Et donc, y a pas de tension interne. Pas de mouvement émotionnel profond. C’est juste une suite d’événements — peut-être très bien écrits — mais arbitraires. Et donc ennuyeux. 

    AS-TU UNE HISTOIRE?

    Dans une histoire, tout ce qui arrive à ton personnage principal est déclenché de façon organique par sa faille. Son orgueil, son égoïsme, son aveuglement, sa lâcheté… bref son défaut. 

    Tu dois te poser cette question :

    Est-ce que ce qui arrive à ton personnage principal pourrait arriver à n’importe qui sans changer le cours de tes événements ? Si ta réponse est oui, tu n’as probablement pas encore d’histoire, mais une situation. 

    Ce n’est pas dramatique. Des tas de scénarios d’horreur partent de situations basiques et font un carton. Mais si tu veux quelque chose de plus solide dramatiquement, il va falloir qu’on fouille davantage. On s’y remet ? »

    Défaut

    Repartons du défaut principal de ton personnage. Quelle est sa faille – son orgueil, sa peur d’échouer, son besoin d’être aimé, son aveuglement… Ce point faible est ton fil rouge.

    Conflit émotionnel 

    Quel est le conflit émotionnel que ton personnage essaie de résoudre dans le film ? C’est ta colonne vertébrale émotionnelle et c’est autour de celle-ci que tous les événements vont s’agréger de manière organique. Tu dois être capable de répondre à cette question en une phrase simple et courte.

    Obstacles

    Maintenant construisons tes obstacles autour de cette faille. Chaque événement doit venir le heurter pile là où ça fait mal. Si ton héros a besoin de tout contrôler, crée des situations où il perd le contrôle. S’il est arrogant, fais-le échouer publiquement et ridiculise-le. Oui… il faut être un peu sadique. 

    Causalité

    Essaie d’organiser tes événements toujours avec un principe de causalité. Ce truc arrive donc ce truc arrive mais cet autre truc arrive. Et non pas, ce truc arrive et ce truc arrive et ce truc arrive… Tu vois la différence ?

    Escalade

    Enfin, faisons en sorte que ses propres réactions empirent les choses. Un bon personnage, par sa faille, crée ses propres problèmes. C’est ça qui donne la sensation d’une progression dramatique organique. Va crescendo. Les obstacles doivent devenir de plus en plus difficiles, jusqu’à le forcer à affronter sa faille. C’est là que naît le climax.

    Conclusion

    Alors as-tu une histoire ou une situation?

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  • Atteindre le FLOW en écriture

    Atteindre le FLOW en écriture

    Qu’est-ce que le flow en écriture ?

    Atteindre LE FLOW en écriture est le rêve de tout auteur. C’est cet état où les mots s’enchaînent avec fluidité et où la créativité coule naturellement.

    Il a été conceptualisé par le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi qui le définit comme un état d’implication totale, où le temps disparaît et où chaque geste découle naturellement du précédent.

    Définition du flow


    « Le flow, c’est être complètement impliqué dans une activité pour son propre plaisir. L’ego disparaît. Le temps passe vite. Chaque action, mouvement et pensée découle inévitablement de la précédente, comme quand on joue du jazz. Tout votre être est impliqué et vous utilisez vos compétences au maximum. » Mihaly Csikszentmihalyi

    Peut-on provoquer le flow ?

    Non, le flow ne se décrète pas. Mais tu peux créer les conditions pour l’atteindre.

    Les 4 clés du flow en écriture de scénario :

    1. Une tâche claire et stimulante : commence par une scène précise ou un dialogue fort.
    2. Un équilibre entre difficulté et compétences : vise des projets à ta portée (par exemple, un court-métrage avant un long).
    3. Une concentration maximale : supprime les distractions (téléphone, réseaux, internet).
    4. Un feedback constant : note tes progrès, fais lire tes textes, utilise des outils de suivi.

    Crée un environnement qui nourrit ton inspiration : bureau dédié, musique adaptée, pauses régulières. Personnellement, j’écris par cycles de 90 minutes suivis de 20 à 30 minutes de pause, en m’appuyant sur le cycle ultradien, particulièrement efficace pour les tâches créatives.

    Le piège à éviter

    Pendant tes 90 minutes d’écriture, ne t’arrête pas pour corriger. Laisse venir le premier jet, même s’il sera probablement imparfait. Il existe, et c’est lui qui t’ouvrira la porte du flow.

    Il y aura des jours sans. Alors change de projet, écris autre chose, et reviens demain. Très souvent, ce que tu pensais raté se révèle bien meilleur que prévu.

    Conclusion

    Le flow est un état tout à fait accessible si tu crées les bonnes conditions. Et toi, as-tu déjà atteint le Flow ?

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