(et 3 façons de tromper ton cerveau pour écrire)
Si tu procrastines ton scénario, il y a une question à laquelle tu devrais répondre avant toute chose : quel type de procrastinateur es-tu ?
Parce que non, tous les procrastinateurs ne fonctionnent pas de la même manière. Et c’est une excellente nouvelle.
Une étude menée par des chercheurs sud-coréens en 2005 — oui je sais, « chercheurs sud-coréens en 2005 », ça ne ressemble pas exactement au début du prochain blockbuster, mais reste avec moi — suggère qu’il existe au moins deux types de procrastinateurs.
D’un côté, le procrastinateur passif.
De l’autre, le procrastinateur actif.
Et si tu veux enfin avancer sur ton scénario, la différence est importante à connaître.
La procrastination, c’est quoi exactement ?
Selon le Petit Robert, la procrastination est « la tendance à remettre au lendemain, à ajourner, à temporiser ».
Bon merci Robert. On sent bien qu’il y a un truc qui cloche quand on scrolle TikTok pendant trois heures en se disant :
« Allez, encore cinq minutes avant d’écrire. »
Autrement dit, la procrastination est ce mécanisme qui te fait repousser volontairement ou inconsciemment une tâche, même quand tu sais que tu devrais t’y mettre.
Passif ou actif ?
Selon l’étude de 2005, le procrastinateur passif laisse le temps filer malgré lui, se retrouvant dans une spirale de retard stressante malgré sa volonté d’agir plus rapidement.
Le procrastinateur actif, lui, retarde volontairement le début de sa tâche. Son but est de créer une forme de pression qui va booster sa motivation sans nuire à ses performances.
Contre-intuitivement, cette stratégie peut fonctionner.
L’étude montre même que cette habitude n’affecte pas forcément les résultats. Si tu te reconnais dans ce profil, il n’est donc peut-être pas nécessaire de chercher à t’en débarrasser à tout prix.
Mais si tu es procrastinateur passif et que ton scénario n’avance pas, les trois techniques suivantes pourraient bien t’aider.
Hack n°1 : Amorçage par action incomplète
L’effet Zeigarnik (1927)
Selon les travaux de Bluma Zeigarnik, notre cerveau retiendrait mieux les tâches inachevées que les tâches terminées.
Tiens, c’est bizarre. Ça ne marche pas pour les tâches ménagères. Peu importe.
Applique ce principe à l’écriture de scénario avec une règle simple : arrête toujours ta session d’écriture au milieu d’une scène que tu maîtrises.
Oui, au milieu! Ton cerveau va continuer à ruminer la suite. Le lendemain, tu retrouveras plus facilement le fil de ton histoire et tu redémarreras avec beaucoup moins d’effort.
C’est particulièrement utile si tu procrastines parce que tu doutes ou parce que la page blanche te paralyse.
Pssst… C’est la méthode qu’utilise Coppola. Donc c’est validé, hein.
Hack n°2 : fragmentation temporelle
Ariely & Wertenbroch (2002)
Ces chercheurs ont montré que plusieurs échéances auto-imposées et espacées génèrent davantage d’engagement que l’absence totale de deadline.
Le problème, c’est que beaucoup de scénaristes se fixent un objectif du genre :
« Finir mon scénario. »
Sauf que ton cerveau ne sait pas gérer ça.
Finir un scénario, c’est 90 à 120 pages. Pour un procrastinateur passif, c’est trop long, trop flou, trop énorme d’un coup.
À la place, découpe ton projet en micro-deadlines de trois jours maximum.
Par exemple :
- écrire trois pages pour mercredi ;
- terminer les dialogues d’une scène ;
- réécrire une séquence précise.
Ton cerveau ne sait pas gérer « finir un scénario ».
En revanche, « écrire trois pages en trois jours », ça lui paraît parfaitement faisable.
Là, il se dit : « Ok chef, c’est faisable. »
Hack n°3 : régulation émotionnelle par environnement
Sirois & Pychyl (2013)
Cette étude montre que la procrastination passive est avant tout une défaillance de régulation émotionnelle, et non un problème de gestion du temps.
Autrement dit, si tu procrastines, ce n’est pas forcément parce que tu manques de temps.
C’est souvent parce que la tâche génère une émotion désagréable : anxiété, doute, peur de mal faire ou peur de l’échec.
La solution consiste donc à réduire cette résistance émotionnelle avant même de commencer à écrire.
Pour ça, crée un rituel de transition de cinq minutes.
Même playlist. Même boisson. Même position.
Oui, ça fait un peu Pavlov avec son chien. Mais devine quoi ? Tu n’es même pas obligé de baver en écrivant 😅
À force de répétition, ton cerveau associera ces stimuli à l’écriture et contournera plus facilement l’anxiété qui alimente ta procrastination.
Ce qu’il faut retenir
Si tu es un procrastinateur actif, ta manière de fonctionner n’est pas forcément un problème. Elle peut même parfois devenir un avantage.
En revanche, si tu es un procrastinateur passif, essaie ces trois stratégies :
- Arrêter une session au milieu d’une scène que tu maîtrises.
- Découper ton scénario en micro-deadlines de quelques jours.
- Mettre en place un rituel d’écriture toujours identique.
Aucune de ces méthodes ne supprimera miraculeusement la procrastination.
En revanche, elles peuvent rendre beaucoup plus difficile pour ton cerveau de trouver une excuse pour ne pas écrire.
Et si tu n’as pas encore écrit une ligne aujourd’hui, c’est peut-être le moment de le faire !
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